Cadeaux au bureau : la cagnotte de départ et le tirage de fin d'année
8 minLiiste Team

Il y a exactement deux moments où une équipe s’occupe de cadeaux, et ils ne se ressemblent pas. Un collègue part : tout le monde donne dans la même direction. La fin d’année arrive : tout le monde donne à tout le monde. La première situation appelle une cagnotte, la seconde un tirage au sort, et les confondre est ce qui transforme l’exercice en corvée.
Le départ : une cagnotte
Ce qui rate d’habitude
L’enveloppe qui circule de bureau en bureau a trois défauts que tout le monde connaît et que personne ne dit.
Elle est visible : celui qui met 5 € le fait devant celui qui vient de mettre 30 €. Elle est partielle : elle ne passe pas par les personnes en télétravail, en congé, en clientèle ou dans l’autre bâtiment. Et elle est manuelle : quelqu’un compte, quelqu’un relance, et ce quelqu’un y passe deux semaines.
Ce qui marche
Un montant libre, des contributions invisibles. Le total est public, les montants individuels ne le sont pas. C’est la seule façon de laisser participer un stagiaire à côté d’un directeur sans que personne ne compare.
Un lien plutôt qu’une enveloppe. Un lien atteint tout le monde, y compris les trois personnes qui ne sont jamais au bureau le jeudi. Il atteint aussi les anciens collègues, souvent les plus contents d’être prévenus.
Une date de clôture annoncée. Sans elle, la collecte s’étale jusqu’au pot de départ et le cadeau s’achète la veille au soir.
Un cadeau choisi avant, pas après. Décider du cadeau d’abord donne un objectif chiffré à la collecte, et évite la conversation gênante où l’on répartit 340 € entre trois idées.
Qui organise
Rarement le manager, et c’est volontaire. Une collecte lancée par la hiérarchie ressemble à une demande, quel que soit le ton employé. Elle circule mieux quand elle vient d’un collègue de même niveau que la personne qui part.
Pour un départ à la retraite en particulier, les montants sont plus élevés et le cadeau plus symbolique : nous avons détaillé ce cas dans cadeaux de départ à la retraite d’un collègue. La mécanique de la collecte elle-même est traitée dans organiser une cagnotte pour un cadeau de groupe.
La fin d’année : un tirage au sort
Pourquoi pas une cagnotte
Parce qu’il n’y a pas de destinataire. Vingt personnes qui doivent chacune quelque chose à dix-neuf autres, cela fait 380 cadeaux et personne ne le fera. Le tirage ramène l’exercice à vingt cadeaux, un par personne, et rend l’attention possible là où l’exhaustivité ne l’était pas.
Les règles qui comptent
Un plafond serré. Entre 15 et 25 € dans la plupart des équipes. Au bureau plus qu’ailleurs, l’écart se remarque : un cadeau à 60 € ouvert devant tout le monde met son destinataire mal à l’aise, pas son auteur.
La participation reste volontaire. Quelqu’un peut avoir une raison — budgétaire, religieuse, personnelle — de ne pas entrer dans le jeu. Le tirage doit se faire sur la liste des volontaires, pas sur l’organigramme.
Les exclusions par équipe, parfois. Dans une entreprise où plusieurs services participent ensemble, certains préfèrent tirer hors de leur propre équipe : c’est ce qui fait qu’on offre à quelqu’un qu’on ne croise qu’à la machine à café.
Le secret tenu jusqu’au bout. Y compris vis-à-vis de l’organisateur. Une feuille de calcul partagée dans un dossier commun n’est pas un secret, c’est un document.
Le cas du télétravail
Une équipe partiellement à distance a un problème pratique : la remise. Trois solutions, dans l’ordre de préférence :
- la remise le jour où tout le monde est sur site, s’il existe ;
- l’envoi direct à l’adresse du destinataire, ce qui suppose de collecter les adresses — et de ne les montrer qu’à la personne concernée ;
- le cadeau dématérialisé, qui règle la logistique mais retire au geste une bonne part de ce qui le rendait sympathique.
Ce que les RH doivent savoir
- La participation ne se mesure pas. Personne ne devrait pouvoir constater qu’un salarié n’a pas donné.
- Le budget ne doit gêner personne. Un plafond haut exclut silencieusement une partie de l’équipe.
- Un cadeau financé par l’entreprise n’est pas un cadeau entre collègues. Les deux peuvent coexister, mais les mélanger transforme un geste en avantage, avec les conséquences fiscales qui vont avec selon les pays.
- L’organisation ne doit pas reposer sur une personne. Si l’exercice demande deux semaines de relances, il ne survivra pas au départ de celui qui les faisait.
Les outils
Pour la cagnotte de départ, Liiste donne une page publique avec le cadeau visé, une barre de progression, des contributions par virement — sans commission et sans compte à créer pour ceux qui donnent — et des montants qui restent entre le contributeur et l’organisateur.
Pour le tirage de fin d’année, Pindao tire les noms à partir d’une liste de participants, gère les exclusions, prévient chacun séparément et ne révèle le tableau à personne. Les deux produits viennent du même atelier, parce que ces deux moments arrivent dans la même équipe à quelques mois d’écart.
Le calendrier d’une équipe
- Un départ : annoncer dès que la date est connue, clôturer trois jours avant le pot, acheter la veille au plus tard.
- La fin d’année : lancer le tirage à la mi-novembre, fixer la remise avant la semaine où la moitié de l’équipe est en congé.
Ce sont deux exercices d’une demi-heure chacun, à condition de ne pas les faire à la main.
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